Outils pour la Pentecôte

Ce dimanche, nous célébrons la Pentecôte, fête du don de l’Esprit qui nous envoie témoigner à toutes les nations.

Cette fête est également celle du don de la Loi et de la Parole, comme nous le rappelait Monseigneur de Kesel dans l’édito du Pastoralia n°5 de 2016 :

« La tradition judaïque commémore à la Pentecôte l’alliance du Sinaï, lorsque Dieu donna les tables de la Loi à son peuple. La Pentecôte est, en ce sens, la fête de l’Alliance et de la Loi. (…) Dans les Écritures, la Loi de Dieu n’est pas un simple ensemble de commandements et d’interdits que l’on doit respecter aveuglément. C’est la Parole de Dieu. C’est la Parole de Dieu révélée par laquelle Il nous accorde tout son amour. Une parole de fidélité à son Alliance. (…) C’est pour cela que la rencontre du Sinaï est si importante: car c’est là que le peuple lui aussi a donné sa parole. (…) D’où la joie de la Pentecôte: joie parce que Dieu nous a donné sa Parole et sa Loi. Et pour que nous lui donnions aussi notre parole. (…) À la Pentecôte, nous remercions Dieu de nous avoir offert sa Loi. C’est le don de sa Parole qu’Il nous a offert une fois pour toutes, à nous et à l’humanité entière. La parole d’une alliance nouvelle et éternelle.  (…) C’est cela le miracle de la Pentecôte : non seulement Dieu nous offre sa Parole, mais nous la comprenons. Nous ne comprenons pas uniquement avec notre raison mais avec ce que nous sommes, avec toute notre vie, avec notre coeur. »

Vous trouverez l’ensemble de l’édito en suivant ce lien.

Enrichis par cette réflexion, nous vous proposons ci-dessous quelques liens utiles pour aborder la Pentecôte avec les enfants :

4 juin – Cinquième jour de la neuvaine de Pentecôte

Exercer la miséricorde

Chant à l’Esprit :

Parole de Dieu :

« Les collecteurs d’impôts et les pécheurs s’approchaient tous de lui pour l’écouter.
Et les Pharisiens et les scribes murmuraient ; ils disaient : « Cet homme-là fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux ! »
Il dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : « Père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir. » Et le père leur partagea son avoir. Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout réalisé, partit pour un pays lointain et il y dilapida son bien dans une vie de désordre.
Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans l’indigence.
Il alla se mettre au service d’un des citoyens de ce pays qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre des gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui en donnait.
Rentrant alors en lui-même, il se dit : « Combien d’ouvriers de mon père ont du pain de reste, tandis que moi, ici, je meurs de faim !
Je vais aller vers mon père et je lui dirai : Père, j’ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Traite-moi comme un de tes ouvriers. »
Il alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut pris de pitié : il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : « Père, j’ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils… »
Mais le père dit à ses serviteurs : « Vite, apportez la plus belle robe, et habillez-le ; mettez-lui un anneau au doigt, des sandales aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé. » Et ils se mirent à festoyer.
Son fils aîné était aux champs. Quand, à son retour, il approcha de la maison, il entendit de la musique et des danses.
Appelant un des serviteurs, il lui demanda ce que c’était.
Celui-ci lui dit : « C’est ton frère qui est arrivé, et ton père a tué le veau gras parce qu’il l’a vu revenir en bonne santé. »
Alors il se mit en colère et il ne voulait pas entrer. Son père sortit pour l’en prier ; mais il répliqua à son père : « Voilà tant d’années que je te sers sans avoir jamais désobéi à tes ordres ; et, à moi, tu n’as jamais donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. »
Mais quand ton fils que voici est arrivé, lui qui a mangé ton avoir avec des filles, tu as tué le veau gras pour lui ! »
Alors le père lui dit : « Mon enfant, toi, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Mais il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé. » »
Luc 15, 1- 2.11- 32

Méditation : (Libre. Ci-dessous courte proposition)

Exercer la miséricorde : la parabole du fils retrouvé
Un charisme fondamental est vraiment celui de « faire miséricorde », ce verbe faire et ce terme miséricorde étant caractéristiques – qu’on se souvienne, par exemple, de l’importance du « faire » dans la parabole du bon samaritain (Lc 10, 25.28.37). La précieuse parabole du père et de ses deux fils qui va nous éclairer, en laissant résonner en nous l’appel de Jésus, au coeur du discours de la plaine : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, 36). La seule couleur adaptée est sans doute le blanc rayonnant, le blanc divin, toutes fautes pardonnées !
L’essentiel de cette longue parabole consiste dans un tissu de relations entre les trois personnes du récit (le cadet, le père, l’aîné), ce qu’il ne faut jamais perdre de vue. Chacun des deux fils est un « calculateur » (comme cela nous arrive aussi), tandis que le père, lui, ne raisonne nullement en termes comptables ! Or toutes ces relations vont se nouer ou se dénouer autour de la nourriture : la table avec pécheurs et publicains, en introduction (vv.1-2) ; la famine dans tel pays (v.14) ; les gousses des porcs (v.16) ; la nourriture des salariés du domaine, alors que « je meurs de faim » (v.17) ; enfin bien sûr le veau gras (vv.23.27.30) et le grand festin improvisé (vv.23.24.29.32). L’aîné pour sa part se plaint de n’avoir jamais reçu un chevreau (v.29) ! Ces réflexions peuvent nous aider à relire de près cette parabole très connue. Enfin, insistons sur le fait que la parabole ne s’achève pas, mais qu’elle demeure ouverte. Nous savons ce que fait le père, mais nous ne savons pas ce que va faire le fils aîné : entrera-t-il ou n’entrera-t-il pas dans la salle du festin ?
La parole sur le Père miséricordieux (Lc 6, 36), plusieurs paraboles de la miséricorde, les paroles du PATER que Jésus confie aux siens (Lc 11, 2-4) : partout cette même insistance sur la miséricorde et sur la tendresse, en regardant le père des deux garçons, qui représente bien sûr Dieu notre Père… Telle est la blancheur divine, comme sur la montagne de la transfiguration : elle rayonne déjà jusqu’aux disciples et jusqu’à nous, même si la télévision nous montre tant de violences nombreuses en divers pays. Et qui se risque alors à agir et à « faire miséricorde » ?

Source : Livret 2019 renouveau.bediocese de Namur

3 juin – Quatrième jour de la neuvaine de Pentecôte

Exhorter

Chant à l’Esprit :

Parole de Dieu :

« N’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel, car celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi.
La Loi dit : Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas de vol, tu ne convoiteras pas. Ces commandements et tous les autres se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
L’amour ne fait rien de mal au prochain. Donc, le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour.
Vous le savez : c’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants.
La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les oeuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière.
Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans rivalité ni jalousie, mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ ; ne vous abandonnez pas aux préoccupations de la chair pour en satisfaire les convoitises. »
Romains 13,8-14

Méditation : (Libre. Ci-dessous courte proposition)

Encourager et exhorter à l’amour fraternel !
En ce lundi de la neuvaine, nous revenons à la lettre aux Romains, où il nous est dit : « Si l’on est fait pour réconforter, que l’on réconforte ! » (Rom 12, 8) Ce beau verbe grec parakaleô, d’où vient l’expression johannique de PARACLET, est souvent utilisé par Paul à la première personne (dans cette lettre aux Romains : 12, 1 ; 15, 30 ; 16, 17). Si plusieurs traductions sont possibles, selon les contextes, la perspective reste toujours celle d’un encouragement : (re)donner du courage, réconforter, exhorter… La couleur qui convient donc est le vert de l’espérance, de la vivante espérance, sous toutes ses formes. L’Esprit Saint est réconfort ; nous avons à réconforter…
Le court passage de Romains 13 se lit en deux moments : d’abord, n’avoir aucune dette, sinon celle de l’amour mutuel ! Nous connaissons cet accent sur l’amour du prochain, qui renvoie au livre du Lévitique (Lv 19, 18, cité une dizaine de fois dans le N.T.) Les commandements du Seigneur se résument en celui-ci : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », ce qui est à comprendre, non pas comme « autant que toi », mais bien comme « étant toi / semblablement à toi ». Tel est le plein accomplissement de la Loi. Seule demeure alors la dette de l’amour : l’expression est quelque peu paradoxale, car l’amour vrai est toujours liberté ; mais souvenons-nous que c’est par l’Esprit Paraclet, cette force d’amour, que nous pouvons accomplir la Loi de Dieu (Rm 13, 8-10).
Dans un second moment (Rm 13, 11-14), en relevant le net changement de ton, qui peut surprendre, voici l’expression d’une urgence ; et il est vrai que tous les temps ne se valent pas. La réalité pleine et entière du Salut / de la Vie est plus près de nous « maintenant », dit Paul ; c’est que la fin approche et fait pression sur le présent – selon la perspective eschatologique du Ier siècle. Deux images connues éclairent ce qui est dit ici : l’opposition nuit / jour (ou lumière / ténèbres), et le vêtement à revêtir («Revêtons-nous des armes de la lumière… Revêtez-vous du Seigneur Jésus…») Telle est la situation d’ensemble où les chrétiens ont à faire entendre le message de la vivante espérance, avec toutes les nuances possibles du vert !

Source : Livret 2019 renouveau.bediocese de Namur

2 juin – Troisième jour de la neuvaine de Pentecôte

Servir

Chant à l’Esprit :

Parole de Dieu :

« Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne détruit pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre coeur. Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. »
Luc 12, 32-35

Méditation : (Libre. Ci-dessous courte proposition)

« Restez en tenue de service… vos lampes allumées ! »
Autre charisme dont il est fidèlement fait mention dans le Nouveau Testament, où la racine ‘diaconie / service’ se retrouve cent fois : ce sont les humbles services quotidiens, comme la couleur grise du tablier de travail. Nous avons à rester en tenue de service, à serrer la ceinture autour de nos reins (prêts à l’ouvrage donc) et à garder nos lampes allumées… Et cet appel fort renvoie à Jésus en personne : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir » (Mc 10, 45 //).
Après plusieurs paroles sur l’argent, après le constat que la satisfaction de nos besoins vitaux (nullement niés) est confiée à la bienveillance du Dieu – Père, nous voici « libres » pour le service, invités à mobiliser nos énergies et notre désir dans la seule recherche du Royaume (Lc 12, 31). Jésus s’adresse alors au petit troupeau de ses disciples : « Soyez sans crainte, votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Lc 12, 32). Et l’esprit des Béatitudes résonne dans l’appel à donner ses biens et à se concentrer sur le trésor du Règne de Dieu…
« Là où est votre trésor, là aussi sera votre coeur ! » (Lc 12, 34). Tout coeur humain ne concentre-t-il pas sa réflexion et son désir sur ce qu’il vise ? Et que visons-nous, au fond ? À nous de vivre en tenue de service, comme notre Maître, sans tension et sans paresse. Oui, le Père nous donne ce Royaume que nous cherchons ; cette attitude d’humble service est le vrai chemin du disciple, dans la grisaille de la vie quotidienne. L’image des lampes allumées n’est-elle pas parlante ?

Source : Livret 2019 renouveau.bediocese de Namur

1er juin – Deuxième jour de la neuvaine de Pentecôte

Donner

Chant à l’Esprit :

Parole de Dieu :

« Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie. Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »
Marc 12, 41-44

Méditation : (Libre. Ci-dessous courte proposition)

« Celui qui donne, qu’il soit généreux ! »
Parmi tous les charismes, celui de donner – à la fois avec sincérité et avec générosité – est assurément un trait universel. Sa couleur particulière peut être le bleu, profond et généreux, dans l’arc-en-ciel ! Avec sa préposition, le verbe utilisé, assez rare (meta-didômi : Rm 12, 8), est expressif, car il s’agit de donner une part de ce qu’on a, de communiquer et de partager en somme. Ainsi, Jean-Baptiste parle aux foules de celui qui a deux vêtements ou de quoi manger en abondance (Lc 3, 11) ; ou encore Paul fait part de son vif désir de voir les chrétiens de Rome, pour communiquer l’un ou l’autre don de l’Esprit, afin d’en être fortifiés (Rm 1, 11)…
Les deux petites pièces de la pauvre veuve nous montrent, dans une scène visuelle très concrète, ce que signifie DONNER, avec toute la portée de cette attitude, qui va bien plus loin qu’une aumône en passant. À la fin de la vie publique de Jésus, qui est encore assis dans le Temple de Jérusalem « en face de la salle du trésor », voici un vigoureux contraste entre de nombreux riches qui donnent de grosses sommes ET cette veuve pauvre, qui donne quelques sous… Or Jésus a vu la scène, mais pas ses disciples. Jésus les appelle donc : Avez-vous bien vu ? Qui a vraiment donné ?
Le geste audacieux de cette veuve pauvre contraste, bien sûr, avec l’hypocrisie démasquée des scribes (Mc 12, 38). Et Jésus en tire une nette leçon de vie, pour ses disciples comme pour nous : voir au-delà des apparences, non pas imiter à la lettre l’action de cette femme, mais relever le don quasi déraisonnable de toute sa vie (« Elle a pris sur son indigence » Mc 12, 44). En priant ce passage, nous y pressentons comme une anticipation de la vie entièrement donnée de Jésus lui-même – d’où son admiration pour cette pauvre veuve. Nous apprenons jusqu’où va le vrai charisme du don, en entrant dans ce « donner avec générosité », sans calcul et sans réticence – tel un bleu ciel profond ! Car comme nous le chantons : « Aimer, c’est tout donner, et se donner soi-même ! »

Source : Livret 2019 renouveau.bediocese de Namur