8 juin – Neuvième jour de la neuvaine de Pentecôte

« Vigile de Pentecôte »

Chant à l’Esprit :

Parole de Dieu :
Lecture du livre de la Genèse (11, 1-9)
Toute la terre avait alors le même langage et les mêmes mots. Au cours de leurs déplacements du côté de l’orient, les hommes découvrirent une plaine en Mésopotamie, et ils s’y installèrent. Ils se dirent l’un à l’autre : « Allons ! Fabriquons des briques et mettons-les à cuire ! » Les briques leur servaient de pierres, et le bitume, de mortier. Ils dirent : « Allons ! Bâtissons une ville, avec une tour dont le sommet soit dans les cieux. Nous travaillerons à notre renommée, pour n’être pas dispersés sur toute la terre. » Le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties. Et le Seigneur dit : « Ils sont un seul peuple ils ont tous le même langage : s’ils commencent ainsi, rien ne les empêchera désormais de faire tout ce qu’ils décideront. Eh bien ! Descendons, embrouillons leur langage : qu’ils ne se comprennent plus les uns les autres. » De là, le Seigneur les dispersa sur toute l’étendue de la terre. Ils cessèrent donc de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’appela Babel (Babylone), car c’est là que le Seigneur embrouilla le langage des habitants de toute la terre ; et c’est de là qu’il les dispersa sur toute l’étendue de la terre.

Lecture du livre de l’Exode (19, 3-8a. 16-20b)
Dans le troisième mois qui suivit la sortie d’Égypte, les fils d’Israël arrivèrent au Sinaï. Moïse monta vers Dieu. Le Seigneur l’appela du haut de la montagne : « Tu diras à la maison de Jacob, et tu annonceras aux fils d’Israël : Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Égypte, comment je vous ai portés comme sur les ailes d’un aigle pour vous amener jusqu’à moi. Et maintenant, si vous entendez ma voix et gardez mon alliance, vous serez mon domaine particulier parmi tous les peuples – car toute la terre m’appartient – et vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte. Voilà ce que tu diras aux fils d’Israël. » Moïse revint et convoqua les anciens du peuple, il leur communiqua tout ce que le Seigneur avait prescrit. Le peuple tout entier répondit d’une seule voix : « Tout ce qu’a dit le Seigneur, nous le ferons. »
Le troisième jour, dès le matin, il y eut des coups de tonnerre, des éclairs, une lourde nuée sur la montagne, et le son d’une trompette puissante ; dans le camp, tout le peuple trembla. Moïse fit sortir le peuple hors du camp, à la rencontre de Dieu, et ils restèrent debout au pied de la montagne. La montagne du Sinaï était toute fumante, car le Seigneur y était descendu dans le feu ; la fumée montait, comme la fumée d’une fournaise, et toute la montagne tremblait violemment. Le son de la trompette était de plus en plus fort. Moïse parlait, et Dieu lui répondait dans le tonnerre. Le Seigneur descendit sur le sommet du Sinaï, il appela Moïse sur le sommet de la montagne, et Moïse monta vers lui.

Lecture du livre d’Ézéchiel (37, 1-14)
La main du Seigneur se posa sur moi, son esprit m’emporta, et je me trouvai au milieu d’une vallée qui était pleine d’ossements. Il m’en fit faire le tour: le sol de la vallée en était couvert, et ils étaient tout à fait desséchés. Alors le Seigneur me dit : « Fils d’homme, ces ossements peuvent-ils revivre ? » Je lui répondis : « Seigneur Dieu, c’est toi qui le sais ! ». Il me dit alors : « Prononce un oracle sur ces ossements. Tu vas leur dire : Ossements desséchés, écoutez la parole du Seigneur. Je vais faire entrer en vous l’esprit, et vous vivrez. Je vais mettre sur vous des nerfs, vous couvrir de chair, et vous revêtir de peau ; je vous donnerai l’esprit, et vous vivrez Alors vous saurez que je suis le Seigneur. » Je prononçai l’oracle, comme j’en avais reçu l’ordre. Pendant que je prophétisais, il y eut un bruit, puis une violente secousse, et les ossements se rapprochèrent les uns des autres. Je vis qu’ils se couvraient de nerfs, la chair repoussait, la peau les recouvrait, mais il n’y avait pas d’esprit en eux. Le Seigneur me dit alors: « Adresse un oracle à l’esprit, prophétise, fils d’homme. Tu vas dire à l’esprit : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Viens des quatre vents, esprit ! Souffle sur ces morts, et qu’ils vivent ! » Je prophétisai, comme il m’en avait donné l’ordre, et l’esprit entra en eux, ils revinrent à la vie, et ils se dressèrent sur leurs pieds : c’était une armée immense !
Puis le Seigneur me dit : « Fils d’homme, ces ossements, c’est tout le peuple d’Israël. Car ils disent : « Nos ossements sont desséchés, notre espérance est détruite, nous sommes perdus ! » Eh bien, adresse-leur cet oracle : « Ainsi parle le Seigneur Dieu : je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai sortir, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël. Vous saurez que je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai sortir, ô mon peuple ! Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ; je vous installerai sur votre terre, et vous saurez que je suis le Seigneur : je l’ai dit, et je le ferai. Parole du Seigneur. » »

Lecture du livre de Joël (3, 1-5a)
Parole du Seigneur : « Je répandrai mon esprit sur toute créature, vos fils et vos filles deviendront prophètes, vos anciens seront instruits par des songes, et vos jeunes gens par des visions. Même sur les serviteurs et sur les servantes je répandrai mon esprit en ces jours-là. Je ferai des prodiges au ciel et sur la terre ; du sang, du feu, des colonnes de fumée. Le soleil se changera en ténèbres, et la lune sera couleur de sang, avant que vienne le Jour du Seigneur, grand et redoutable. Alors, tous ceux qui invoqueront le Nom du Seigneur seront sauvés. »

Psaume 103 [104]
R/ Ô Seigneur, envoie ton Esprit
qui renouvelle la face de la terre !

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Revêtu de magnificence,
tu as pour manteau la lumière !

Quelle profusion dans tes oeuvres, Seigneur !
Tout cela, ta sagesse l’a fait ;
la terre s’emplit de tes biens.
Bénis le Seigneur, ô mon âme !

Tous, ils comptent sur toi
pour recevoir leur nourriture au temps voulu.
Tu donnes : eux, ils ramassent ;
tu ouvres la main : ils sont comblés.

Tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (8, 22-27)
« Frères, nous le savons bien, la création tout entière crie sa souffrance, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi nous crions en nous-mêmes notre souffrance ; nous avons commencé par recevoir le Saint-Esprit, mais nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps. Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance : voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ? Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance. Bien plus, l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables. Et Dieu, qui voit le fond des coeurs, connaît les intentions de l’Esprit : il sait qu’en intervenant pour les fidèles, l’Esprit veut ce que Dieu veut. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (7, 37-39)
C’était le jour solennel où se terminait la fête des Tentes. Jésus, debout dans le temple de Jérusalem, s’écria :  » Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : ‘Des fleuves d’eau vive jailliront de son coeur’.  » En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint, l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Jésus. En effet, l’Esprit Saint n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié par le Père.

Méditation (Libre)

OUVERTURE (plutôt que conclusion !)
Nous voici arrivés, dans notre neuvaine, au terme d’un rapide parcours au sujet des « charismes » ; il nous reste à en rendre grâce au Seigneur. Merci aussi pour ce que nous avons pu vivre ensemble, dans le diocèse de Namur ; joyeuse fête de Pentecôte, avec le sacrement de confirmation qui sera donné à un certain nombre d’adultes qui s’y sont préparés.
L’image des couleurs de l’arc-en-ciel nous a empêchés de rechercher une rivalité entre ces charismes pluriels. Dans le Nouveau Testament, l’apôtre Paul par ses lettres demeure un guide sûr. Tout n’a certes pas été dit, mais un chemin s’est ouvert : l’Esprit de Vérité nous aidera vraiment en nous « conduisant dans la vérité tout entière » (Jn 16, 13), ce qui nécessairement prend du temps.
Retenons que chacun/e est vraiment appelé/e à apporter sa pierre et à joindre sa prière, pour le meilleur bien de nos diverses communautés – bref, à apporter son propre charisme et ses propres compétences à la « construction » (1 Co 14) d’une vie communautaire toujours exigeante.
Que l’image de l’arc-en-ciel nous soutienne en chemin : oui, Jésus nous a bien laissé sa Parole, sa Paix et son Paraclet… Avec ces trois « P », nous irons de l’avant dans l’espérance !
Pierre Mourlon sj (Namur)

Prière à la Sainte Trinité

Ô Trinité Sainte, entre chacune de vos Personnes divines règne une parfaite harmonie. L’amour entre le Père et le Fils est à ce point intense qu’il en est devenu une personne : l’Esprit Saint.
Nous nous souvenons de la promesse de Jésus qui nous a promis d’être avec nous tous les jours, jusqu’à son retour en gloire sur la terre. Cette perpétuelle présence du Christ en nous, c’est la vie dans l’Esprit.
Donnez-nous la vivacité de l’intelligence et la profondeur du cœur pour accueillir en nous le message du Christ et le propager par notre témoignage de vie.
Donnez-nous d’aimer et d’accomplir en tout la volonté du Père miséricordieux.
Donnez-nous de désirer ardemment la présence en nous de l’Esprit du Père et du Fils.
Dans votre infinie sagesse, vous avez doté l’Église et chacun de ses membres de dons spécifiques, utiles au bien de l’ensemble et de chacun. Entre les charismes que nous demandons pour nous et pour nos frères, il n’y a pas de hiérarchie : tous sont nécessaires pour que progresse le Règne de Dieu dans le monde et dans les cœurs.
Une seule consigne de saint Paul : bien faire ce que nous avons à faire, sans regret de n’avoir pas tel ou tel don reçu par d’autres. Dans la recherche de la perfection évangélique et dans la quête d’une charité parfaite, point de jalousie ni de calculs ; seulement l’ardent désir d’accomplir le mieux possible la mission que Dieu nous confie.
S’il nous arrive d’être impatient devant l’apparente lenteur de l’accomplissement du Royaume, que la joyeuse espérance supplée notre manque de foi.
Et surtout, que nous soyons au service du Corps entier, à la suite du Christ, notre unique Pasteur, dans une totale confiance à la miséricorde infinie du Père, imprégnés de cet Esprit reçu au baptême et qui accompagne chaque croyant tout au long de son existence.
AMEN
Chanoine Jean-Marie Huet

Source : Livret 2019 renouveau.bediocese de Namur

Fête de Marie, Mère de l’Eglise

Ce lundi, lendemain de Pentecôte, nous fêtons la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Église. Cette mémoire obligatoire pour tout l’Eglise de rite romain a été instaurée par le pape François en 2018. Le décret a été publié le 11 février, jour du 160e anniversaire de la première apparition de la Vierge Marie à Lourdes. En voici quelques extraits :

« La joyeuse vénération dédiée à la Mère de Dieu dans l’Eglise contemporaine, à la lumière de la réflexion sur le mystère du Christ et sur sa propre nature, ne pouvait pas oublier cette figure de Femme (cf. Gal 4, 4), la Vierge Marie, qui est à la fois Mère du Christ et Mère de l’Eglise.
(…)
La Mère (…) qui était près de la croix (Jn 19, 25), accepta le testament d’amour de son Fils et accueillit tous les hommes, personnifiés par le disciple bien-aimé, comme les enfants qui doivent renaître à la vie divine, devenant ainsi la tendre mère de l’Eglise que le Christ a générée sur la croix, quand il rendait l’Esprit. A son tour, dans le disciple bien-aimé, le Christ choisit tous les disciples comme vicaires de son amour envers la Mère, la leur confiant afin qu’ils l’accueillent avec affection filiale. Guide prévoyante de l’Eglise naissante, Marie a donc commencé sa propre mission maternelle déjà au cenacle, priant avec les Apôtres dans l’attente de la venue de l’Esprit Saint (cf. Ac 1,14). Dans ce sentiment, au cours  des siècles, la piété chrétienne a honoré Marie avec les titres, en quelque sorte équivalents, de Mère des disciples, des fidèles, des croyants, de tous ceux qui renaissent dans le Christ, et aussi de “Mère de l’Eglise”, comme il apparaît  dans les textes d’auteurs spirituels ainsi que dans le Magistère de Benoît XIV et de Léon XIII. De ce qui précède on voit clairement le fondement sur lequel le bienheureux pape Paul VI, en concluant, le 21 novembre 1964, la troisième session du Concile Vatican II, a déclaré la bienheureuse Vierge Marie “Mère de l’Eglise, c’est-à-dire Mère de tout le peuple chrétien, aussi bien des fidèles que des Pasteurs, qui l’appellent Mère très aimable”, et a établi que “le peuple chrétien tout entier honore toujours et de plus en plus la Mère de Dieu par ce nom très doux”.
(…)
Le Souverain Pontife François, considérant avec attention comment la promotion de cette dévotion peut favoriser, chez les Pasteurs, les religieux et les fidèles, la croissance du sens maternel de l’Eglise et de la vraie piété mariale, a décidé que la mémoire de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Eglise, soit inscrite dans le Calendrier Romain le lundi de la Pentecôte, et célébrée chaque année.
Cette célébration nous aidera à nous rappeler que la vie chrétienne, pour croître, doit être ancrée au mystère de la Croix, à l’oblation du Christ dans le banquet eucharistique et à la Vierge offrante, Mère du Rédempteur et de tous les rachetés.
(…) »

À l’occasion de cette fête, prions avec le pape François.

Prière à Marie, Mère de l’Église et Mère de notre foi*

Ô Mère, aide notre foi !

Ouvre notre écoute à la Parole,
pour que nous reconnaissions la voix de Dieu et son appel.
Éveille en nous le désir de suivre ses pas,
en sortant de notre terre et en accueillant sa promesse.
Aide-nous à nous laisser toucher par son amour,
pour que nous puissions le toucher par la foi.
Aide-nous à nous confier pleinement à Lui,
à croire en son amour,
surtout dans les moments de tribulations et de croix,
quand notre foi est appelée à mûrir.
Sème dans notre foi la joie du Ressuscité.
Rappelle-nous que celui qui croit n’est jamais seul.
Enseigne-nous à regarder avec les yeux de Jésus,
pour qu’il soit lumière sur notre chemin.
Et que cette lumière de la foi grandisse toujours en nous
jusqu’à ce qu’arrive ce jour sans couchant,
qui est le Christ lui-même, ton Fils, notre Seigneur !

Prière à Marie extraite de l’encyclique Lumen Fidei (29 juin 2013)

Pour cheminer davantage avec Marie, Mère de l’Eglise, nous vous proposons:

 

 

7 juin – Huitième jour de la neuvaine de Pentecôte

Présider

Chant à l’Esprit :

Parole de Dieu :

« Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.
Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis.
Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.
Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix.
Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »
Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.
C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance.
Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis.
Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse.
Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.
Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.
J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. »
Jean 10, 1-16

Méditation : (Libre. Ci-dessous courte proposition)

« Celui qui préside, qu’il le fasse avec zèle (Rm 12,8) »
Avec le chapitre 10 de l’Évangile de Jean, « Jésus porte et pasteur des brebis », on peut parler de trois manières, très différentes, d’exercer de l’autorité sur les autres – selon la qualité des rapports et de la communication entre les personnes. Et l’on voit alors que les communautés chrétiennes ont (du moins en principe…) retenu la troisième, qui est bien la manière de Jésus.
– La première manière est celle du prédateur ou du bandit : il ne considère les brebis que pour les tondre ; on parle même d’égorger et de faire périr (v.10).
– La deuxième est celle du mercenaire ou du fonctionnaire : il ne s’occupe des brebis que parce qu’il est rétribué ; mais s’il voit venir le loup, il s’enfuit en abandonnant les brebis (v.12).
– La troisième enfin est celle du bon pasteur ou du vrai berger : il va jusqu’à donner sa vie pour ses brebis (v.15). Et Jésus affirme alors avec force : «Je suis venu pour que les brebis aient la vie, et la vie en abondance» (v.10). Ce passage se conclut en ouvrant un avenir : « Il y aura un seul troupeau et un seul pasteur… » (v.16).
L’option de celui qui préside ou dirige (proistamenos – voir 1 Th 5, 12) est ainsi à vivre dans la ligne du bon pasteur, Jésus en personne. C’est une charge à assurer avec zèle, avec ardeur, avec empressement (spoudê : Rm 12, 8.11), en ne ralentissant jamais son élan, mais en restant dans la ferveur de l’Esprit… dans la joie de l’espérance » (Rm 12, 12). Cette exhortation n’est-elle pas à la fois discrète et indicative ? Heureux sommes-nous, quelles que soient nos communautés, si nous prenons cette voie et ce service, à la suite du bon pasteur! Dans l’arc-en-ciel, la couleur qui reste est celle du violet, la couleur et l’odeur de cette violette des bois et des haies…

Source : Livret 2019 renouveau.bediocese de Namur

6 juin – Septième jour de la neuvaine de Pentecôte

Prophétiser

Chant à l’Esprit :

Parole de Dieu :

« Efforcez-vous d’atteindre la charité. Recherchez avec ardeur les dons spirituels, surtout celui de prophétie.
En effet, celui qui parle en langues ne parle pas pour les hommes, mais pour Dieu : personne ne comprend, car, sous l’effet de l’inspiration, il dit des choses mystérieuses.
Mais celui qui prophétise parle pour les hommes : il est constructif, il réconforte, il encourage.
Celui qui parle en langues ne construit que lui-même, tandis que celui qui prophétise construit l’assemblée de l’Église.
Je souhaiterais que vous parliez tous en langues, mais, plus encore, que vous prophétisiez. Car prophétiser vaut mieux que parler en langues, à moins qu’on n’interprète ce qui a été dit en langues : ainsi, on aide à la construction de l’Église. »
1 Corinthiens 14, 1-5

Méditation : (Libre. Ci-dessous courte proposition)

« Recherchez avec ardeur les dons spirituels, surtout celui de prophétie. »
Ce charisme de prophétie, dans les communautés du Ier siècle, a parfois été perdu de vue. Certes, nous savons bien ce que sont « la Loi et les Prophètes » ; nous comprenons que Dieu actualise par les prophètes son dessein de salut, de siècle en siècle. Certes, autour de Jésus gravitent aussi des prophètes (Zacharie, Anne, Jean-Baptiste…) et Jésus lui-même a été pris pour un prophète – mais sans en revendiquer le titre. Or après la Pentecôte, dans le temps de l’Église, le don de prophétie a été renouvelé par l’Esprit Saint : un charisme de prophétie est de fait exercé par divers croyantes et croyants, mais il n’est pas aisé de préciser leur fonction. Toujours est-il que la couleur rouge-feu est celle qui convient à ce don de prophétie, dans les assemblées de culte.
Dans la ville portuaire de Corinthe, sur laquelle nous avons davantage de renseignements, on voit le grand souci de Paul qui cherche à ordonner prophétie ET parler en langues (glossolalie) à la « construction » communautaire : ce motif y est récurrent (oikodomê : 7 mentions en 1 Co 14). Et la priorité est alors donnée à la prophétie, parce que « celui qui parle en langues ne construit que lui-même, tandis que celui qui prophétise construit l’assemblée de l’Église ». Dès lors, Paul peut écrire : « Je souhaiterais que vous parliez tous en langues, mais plus encore que vous prophétisiez ! » (1 Co 14, 5). Ainsi le prophète chrétien éclaire et console, édifie et construit, ce qui est le contraire des « faux-prophètes / pseudo-prophètes » (11 mentions dans le N.T.)
Dans nos communautés aujourd’hui, on rencontre de ces personnes qui savent repérer le positif, même au milieu des pires difficultés : ils ont une parole juste et éclairante, qui est alors reçue dans la paix. Il devait s’agir de personnes semblables aux premiers temps de l’Église : leurs justes paroles savaient allumer un feu, ce qui invite à parler ici de la couleur rouge-feu.

Source : Livret 2019 renouveau.bediocese de Namur

5 juin – Sixième jour de la neuvaine de Pentecôte

Enseigner

Chant à l’Esprit :

Parole de Dieu :

« Or tout ce que Dieu a créé est bon, et rien n’est à rejeter si on le prend dans l’action de grâce, car alors, cela est sanctifié par la Parole de Dieu et la prière. En exposant ces choses aux frères, tu seras un bon serviteur du Christ Jésus, nourri des Paroles de la foi et de la bonne doctrine que tu as toujours suivie. » 1 Timothée 4, 4-11

Méditation : (Libre. Ci-dessous courte proposition)
« Si l’on est fait pour enseigner, que l’on enseigne ! » (Rm 12, 7)
En parlant de l’Église d’Antioche, les Actes des Apôtres (Ac 13, 1) relèvent déjà qu’il y avait dans cette communauté des prophètes (chrétiens) et des hommes chargés d’enseigner ; plusieurs noms sont même cités. N’est-ce pas un signe clair de l’importance de la transmission de la Bonne Nouvelle, dans un temps de diffusion rapide de la foi dans le Messie Seigneur, aussi bien dans le monde des Juifs que dans les nations autour de la Méditerranée ? Il a fallu nécessairement des enseignants pour former ces nouveaux croyants, ce qui a été reconnu aussi comme un charisme : dans la lettre à Timothée, l’accent est clair : « la Parole de Dieu / les Paroles de la foi », avec le souci de la bonne doctrine (didaskalia, 15 mentions dans les trois lettres pastorales).
Timothée est à ce sujet une figure intéressante ; son nom grec signifie « celui qui honore Dieu ». Nous savons qu’il est né à Lystres (en Asie Mineure), d’un père païen et d’une mère juive, devenue chrétienne, appelée Eunice. Pendant une quinzaine d’années au moins, il fut un proche collaborateur de Paul, chargé de nombreuses missions et co-auteur de la plupart des lettres pauliniennes. Les épîtres pastorales, plus tardives, en font un des principaux épiscopes de la deuxième génération ; on y parle de lui comme jeune (1 Tm 4, 12) et nourri de la Parole (1 Tm 4, 6).
Si nous situons mieux la place et le rôle de ceux et celles qui ont reçu la charge d’enseigner la Parole, nous ne manquerons pas de prier pour tous les enseignants : ils sont directement dans la ligne des « premiers témoins » de tout ce que Jésus a fait et enseigné. Sans doute, tous et toutes ne sont-ils guère aptes à enseigner ; mais la phrase de Paul reprise ici en titre (Rm 12, 7) est encourageante ! La couleur à proposer serait volontiers le jaune de la lumière qui éclaire, petit à petit, les coeurs et les esprits. Que l’Église actuelle, comme déjà à Antioche, garde le vif souci de vrais «enseignants», qui sauront trouver comment parler aujourd’hui à leurs frères et soeurs : ils / elles se montreront de fidèles « serviteurs » du Christ Jésus, « nourris des Paroles de la foi ». Et se transmettront les lumières jaunes de l’Évangile.

Source : Livret 2019 renouveau.bediocese de Namur