Entrons en Carême avec le pape François

Demain, nous entrons en Carême. Chaque mardi, nous vous proposerons un temps de méditation. Aujourd’hui, nous vous offrons le message du pape François:

« La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu » (Rm 8,19)

Chers frères et sœurs,

Chaque année, Dieu, avec le secours de notre Mère l’Eglise, «accorde aux chrétiens de se préparer aux fêtes pascales dans la joie d’un cœur purifié» (Préface de Carême 1) pour qu’ils puissent puiser aux mystères de la rédemption, la plénitude offerte par la vie nouvelle dans le Christ. Ainsi nous pourrons cheminer de Pâques en Pâques jusqu’à la plénitude du salut que nous avons déjà reçue grâce au mystère pascal du Christ : «Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance» (Rm 8,24). Ce mystère de salut, déjà à l’œuvre en nous en cette vie terrestre, se présente comme un processus dynamique qui embrasse également l’Histoire et la création tout entière. Saint Paul le dit : «La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu» (Rm 8,19). C’est dans cette perspective que je souhaiterais offrir quelques points de réflexion pour accompagner notre chemin de conversion pendant le prochain carême.

1. La rédemption de la Création.

La célébration du Triduum pascal de la passion, mort et résurrection du Christ, sommet de l’année liturgique, nous appelle, chaque fois, à nous engager sur un chemin de préparation, conscients que notre conformation au Christ (cf. Rm 8,29) est un don inestimable de la miséricorde de Dieu.

Si l’homme vit comme fils de Dieu, s’il vit comme une personne sauvée qui se laisse guider par l’Esprit Saint (cf. Rm 8,14) et sait reconnaître et mettre en œuvre la loi de Dieu, en commençant par celle qui est inscrite en son cœur et dans la nature, alors il fait également du bien à la Création, en coopérant à sa rédemption. C’est pourquoi la création, nous dit Saint Paul, a comme un désir ardent que les fils de Dieu se manifestent, à savoir que ceux qui jouissent de la grâce du mystère pascal de Jésus vivent pleinement de ses fruits, lesquels sont destinés à atteindre leur pleine maturation dans la rédemption du corps humain. Quand la charité du Christ transfigure la vie des saints – esprit, âme et corps –, ceux-ci deviennent une louange à Dieu et, par la prière, la contemplation et l’art, ils intègrent aussi toutes les autres créatures, comme le confesse admirablement le «Cantique des créatures» de saint François d’Assise (cf. Enc. Laudato Sì, n. 87). En ce monde, cependant, l’harmonie produite par la rédemption, est encore et toujours menacée par la force négative du péché et de la mort.

2. La force destructrice du péché

En effet, lorsque nous ne vivons pas en tant que fils de Dieu, nous mettons souvent en acte des comportements destructeurs envers le prochain et les autres créatures, mais également envers nous-mêmes, en considérant plus ou moins consciemment que nous pouvons les utiliser selon notre bon plaisir. L’intempérance prend alors le dessus et nous conduit à un style de vie qui viole les limites que notre condition humaine et la nature nous demandent de respecter. Nous suivons alors des désirs incontrôlés que le Livre de la Sagesse attribue aux impies, c’est-à-dire à ceux qui n’ont pas Dieu comme référence dans leur agir, et sont dépourvus d’espérance pour l’avenir (cf. 2,1-11). Si nous ne tendons pas continuellement vers la Pâque, vers l’horizon de la Résurrection, il devient clair que la logique du «tout et tout de suite», du « posséder toujours davantage » finit par s’imposer.

La cause de tous les maux, nous le savons, est le péché qui, depuis son apparition au milieu des hommes, a brisé la communion avec Dieu, avec les autres et avec la création à laquelle nous sommes liés avant tout à travers notre corps. La rupture de cette communion avec Dieu a également détérioré les rapports harmonieux entre les êtres humains et l’environnement où ils sont appelés à vivre, de sorte que le jardin s’est transformé en un désert (cf. Gn 3,17-18). Il s’agit là du péché qui pousse l’homme à se tenir pour le dieu de la création, à s’en considérer le chef absolu et à en user non pas pour la finalité voulue par le Créateur mais pour son propre intérêt, au détriment des créatures et des autres.

Quand on abandonne la loi de Dieu, la loi de l’amour, c’est la loi du plus fort sur le plus faible qui finit par s’imposer. Le péché qui habite dans le cœur de l’homme (cf. Mc 7, 20-23) – et se manifeste sous les traits de l’avidité, du désir véhément pour le bien-être excessif, du désintérêt pour le bien d’autrui, et même souvent pour le bien propre – conduit à l’exploitation de la création, des personnes et de l’environnement, sous la motion de cette cupidité insatiable qui considère tout désir comme un droit, et qui tôt ou tard, finira par détruire même celui qui se laisse dominer par elle.

3. La force de guérison du repentir et du pardon

C’est pourquoi la création a un urgent besoin que se révèlent les fils de Dieu, ceux qui sont devenus “une nouvelle création” : «Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né» (2 Co 5,17). En effet, grâce à leur manifestation, la création peut elle aussi « vivre » la Pâque : s’ouvrir aux cieux nouveaux et à la terre nouvelle (cf. Ap 21,1). Le chemin vers Pâques nous appelle justement à renouveler notre visage et notre cœur de chrétiens à travers le repentir, la conversion et le pardon afin de pouvoir vivre toute la richesse de la grâce du mystère pascal.

Cette “impatience”, cette attente de la création, s’achèvera lors de la manifestation des fils de Dieu, à savoir quand les chrétiens et tous les hommes entreront de façon décisive dans ce “labeur” qu’est la conversion. Toute la création est appelée, avec nous, à sortir « de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu » (Rm 8,21). Le carême est un signe sacramentel de cette conversion. Elle appelle les chrétiens à incarner de façon plus intense et concrète le mystère pascal dans leur vie personnelle, familiale et sociale en particulier en pratiquant le jeûne, la prière et l’aumône.

Jeûner, c’est-à-dire apprendre à changer d’attitude à l’égard des autres et des créatures : de la tentation de tout “ dévorer” pour assouvir notre cupidité, à la capacité de souffrir par amour, laquelle est capable de combler le vide de notre cœur. Prier afin de savoir renoncer à l’idolâtrie et à l’autosuffisance de notre moi, et reconnaître qu’on a besoin du Seigneur et de sa miséricorde. Pratiquer l’aumône pour se libérer de la sottise de vivre en accumulant toute chose pour soi dans l’illusion de s’assurer un avenir qui ne nous appartient pas. Il s’agit ainsi de retrouver la joie du dessein de Dieu sur la création et sur notre cœur, celui de L’aimer, d’aimer nos frères et le monde entier, et de trouver dans cet amour le vrai bonheur.

Chers frères et sœurs, le « carême » du Fils de Dieu a consisté à entrer dans le désert de la création pour qu’il redevienne le jardin de la communion avec Dieu, celui qui existait avant le péché originel (cf. Mc 1,12-13 ; Is 51,3). Que notre Carême puisse reparcourir le même chemin pour porter aussi l’espérance du Christ à la création, afin qu’«elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, puisse connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu» (cf. Rm 8,21). Ne laissons pas passer en vain ce temps favorable ! Demandons à Dieu de nous aider à mettre en œuvre un chemin de vraie conversion. Abandonnons l’égoïsme, le regard centré sur nous-mêmes et tournons-nous vers la Pâque de Jésus : faisons-nous proches de nos frères et sœurs en difficulté en partageant avec eux nos biens spirituels et matériels. Ainsi, en accueillant dans le concret de notre vie la victoire du Christ sur le péché et sur la mort, nous attirerons également sur la création sa force transformante.

Mardi gras et mercredi des cendres

La semaine prochaine, les chrétiens du monde entier entreront dans les quarante jours du Carême en célébrant le mercredi des cendres. La veille aura lieu le traditionnel mardi gras et dans les jours qui précèdent, plusieurs localités fêteront le carnaval. D’où viennent ces traditions? Sont-elles d’inspiration chrétienne? Voici quelques ressources qui pourront vous aider à répondre à ces questions:

Le mercredi des cendres, quant à lui, est parfois mystérieux et mal compris. Il n’est pas souvent abordé durant les rencontres de catéchèse ou bien un peu trop rapidement. Pourtant, le passage par cette célébration est riche de sens et fait entrer pleinement dans ce chemin de conversion qu’est le carême. Voici également quelques ressources qui vous aideront à donner du sens au mercredi des cendres.

  • Une vidéo de 3 minutes du Diocèse de Paris explique la symbolique des cendres.
  • Un historique et une réflexion autour des cendres par le site croire.la-croix.com. Un autre article du même site est disponible ici.
  • Un petit article qui part de la question d’enfant Pourquoi le prêtre nous applique-t-il des cendres sales sur le front le mercredi des Cendres?
  • Un article du site Aleteia: Les cendres : poids des fautes ou poussière de l’amour de Dieu ?
  • Un autre article du site Aleteia : Que signifient les paroles prononcées par le prêtre le Mercredi des cendres ?
  • Un commentaire des lectures du mercredi des cendres par Marie-Noëlle Thabut.

En guise de conclusion à cet article, nous vous proposons ce poème de Charles Singer, tiré de Signes d’aujourd’hui n°182 :

Je suis semblable aux cendres, Seigneur,
à ces poussières grises et mortes,
lorsque j’ouvre à la jalousie
qui refroidit mon amitié,
lorsque j’autorise la bouderie
à écarter le sourire de mes lèvres,
lorsque j’admets que la méchanceté
en moi dépose ses baves de saleté,
lorsque je permets à l’égoïsme
de gonfler en moi et de remplir
toute la place en mon cœur
jusqu’à m’empêcher
de penser aux autres,
lorsque je t’oublie, Seigneur,
et que je laisse s’éteindre
ma confiance en toi !

Je ne suis pas uniquement cendres, Seigneur !
Sous mes cendres, tu le sais, toi qui me connais,
dorment des braises attendant d’être ranimées.

Seigneur, allume mes braises pour qu’à nouveau brûle,
vive et joyeuse, la flamme de mon amour
pour toi et pour mon prochain !

Écho du colloque «Entendre et proposer l’Évangile avec les jeunes»

Du 12 au 15 février s’est tenu à l’université catholique (la Catho) de Paris le  colloque bisannuel organisé par l’Institut Supérieur de Pastorale Catéchétique. Inspiré par le synode sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » d’octobre 2018, le colloque a rassemblé environ 300 participants venus d’aires francophones de tous les continents.

Les nombreux intervenants se sont penchés sur la question de l’articulation Église-jeunes. À partir d’une interrogation sur le positionnement de l’Église vis-à-vis des jeunes, les travaux du colloque ont abouti à l’affirmation suivante : « D’un colloque sur les jeunes à un colloque sur l’Église… Ils ne sont pas un fragment de l’Église, ils nous invitent à donner une nouvelle forme à l’Église. » En effet, le Document final du synode dit : « Les jeunes catholiques ne sont pas simplement les destinataires de l’action pastorale, mais des membres vivants de l’unique Corps ecclésial, des baptisés en qui l’Esprit du Seigneur vit et agit. » (§ 54) Loin donc de se centrer sur l’Église en tant que telle, les participants se sont laissées interpeller de différentes manières et à différents niveaux en vue de changements nécessaires dans la pastorale envers les jeunes.

Témoignages des participants au Synode

Plusieurs intervenants s’étaient rendus au synode en tant qu’experts. Ils ont surtout partagé les nouveautés instaurées par le pape François, dont la plus appréciée fut la consigne de 3 minutes de silence au bout de 5 interventions d’orateurs. Par ailleurs, les experts, les jeunes et les évêques avaient tous le droit d’intervenir en plénière, sans distinction, ce qui fut une première. Don Sala Rossano, secrétaire spécial du synode, a attiré notre attention sur les renversements qui ont eu lieu pendant le synode et dont on aperçoit le reflet dans le Document final. Celui-ci renverse l’ordre de réflexion proposé en juin 2018 dans le Document de travail. Le premier document parlait du besoin de discerner pour pouvoir accompagner, le document final parle de l’accompagnement qui débouche sur le discernement. Ainsi, tout naturellement, le récit des disciples d’Emmaüs devint une des références primordiales du chemin synodal (le mot synode venant du grec syn et odos : faire route ensemble), d’ailleurs complété par deux autres récits de Résurrection : Pierre et Jean au tombeau et Marie-Madeleine au jardin. Le secrétaire a également dit que les paragraphes centraux du Document final qui traitent de la liberté sont, selon lui, le fruit le plus mûr de la réflexion synodale. Il a partagé  une vidéo que des jeunes qui avaient assisté au synode lui avaient envoyée, car ils trouvaient qu’elle reflétait bien la prise de conscience qui a eu lieu au cours du synode : pour résoudre des petits problèmes, les anciens peuvent aider les jeunes, pour les grands problèmes, ce sont les jeunes qui peuvent aider les anciens à les dépasser. Vous pouvez visionner cette vidéo en fin de cet article : le thème des deux chèvres est ensuite revenu à plusieurs reprises dans les échanges au colloque…

Réflexion sur l’Église

Don Sala a insisté sur le fait que notre liberté a une structure « responsoriale » : elle nous porte à répondre et donc à être responsables… Don Salvatore Currò, dans une intervention philosophique et anthropologique, est allé un pas plus loin en nous démontrant à quel point notre existence-même se vit sur le mode de réponse : réponse au don de la vie qui nous précède. Ainsi, toute notre vie a une dimension vocationnelle : nous avons été appelés à l’existence et la vie que nous menons est une réponse à ce don, à cet appel premier, qui va seulement ensuite se décliner en réponses à des appels spécifiques que nous percevrons au cours de notre existence. Dans une méditation qui nous a bouleversés, dans un registre poétique, Ivo Seghedoni,  nous a interpellés, à partir de la parabole du fils prodigue : Église, dans quelle mesure es-tu prête à vivre de manière constructive le fait d’être comme délaissée par le jeune fils ? Es-tu prête à diminuer pour que lui grandisse ? Frère Enzo Biemmi a donné pour sa part une relecture du synode à la lumière de l’exhortation Evangelii gaudium qui est, selon lui, le cadre missionnaire de l’Église d’aujourd’hui. Avec franchise, il nous a lancé la question : quand on parle des jeunes et de l’Église, c’est qui qui s’est éloigné de qui ? Il a relevé trois déplacements auxquels nous sommes appelés : le décentrement de l’Église d’elle-même vers le Christ ; l’incarnation : éviter « la tentation de se tenir à distance » ; nous inspirer de la scène de la Présentation de Jésus au Temple : si l’Église de l’Europe vieillit comme Syméon et Anne (dans la prière et l’attente du Seigneur), elle saura reconnaître Dieu qui vient à elle.

Analyses sociologiques

Quatre interventions nous ont donné un précieux éclairage sociologique et historique. Le professeur Perrault, de l’Université de Laval au Québec, a montré comment le concept de jeunesse est une construction sociale produite par le monde adulte (d’ailleurs, un jeune qui a participé au synode nous avait dit à l’ouverture du colloque : « il n’y a pas « une jeunesse », mais des jeunes »…) Il a montré comment on peut considérer la jeunesse comme un groupe social ou comme un temps de vie. Dans ce deuxième cas, il est flagrant d’observer le changement de perception sociale : autant jadis on disait « Il faut que jeunesse se passe », autant aujourd’hui on essaie à tout prix de rester jeune à l’infini. Tout cela n’est pas sans lien avec l’effacement de la réalité de la mort de l’espace social ni avec la dépréciation de la vieillesse dans notre société. l’intervenant a attiré notre attention sur le fait qu’il est toujours utile de garder à l’esprit que nous sommes en train de parler autant de la réalité (et des jeunes) que des représentations  que nous nous faisons de celle-ci. Dans cette lignée, trois sociologues français nous ont donné un aperçu des sondages les plus récents sur les jeunes, leur capacité de s’engager et leur potentiel évangélisateur sur les réseaux sociaux. Conclusions importantes : les jeunes s’engagent, mais avec une préférence pour les engagements ponctuels, et sans militantisme. La stabilité économique y aide sensiblement. En ce qui concerne la présence des jeunes sur le web, deux éléments ont été pointés : l’homophilie, c’est-à-dire la sélectivité dans les contacts et le type d’information consulté (à laquelle contribue grandement le système des cookies ainsi que l’indexation opérée par les moteurs de recherche), un risque que les digital natives soient également des digital naives. Par ailleurs, il s’avère que l’évangélisation n’est pas une préoccupation pour les jeunes catholiques connectés, au contraire, ils vont liker des contenus, mais sans forcément les partager, pour ne pas heurter les amis qui ne partagent pas leurs convictions. Les partages se vivront plutôt entre amis ayant les mêmes croyances ou valeurs. D’où la conclusion d’un des sociologues : il y a ici un potentiel d’évangélisation plutôt ad intra qu’ad extra. Enfin, le professeur Charles Mercier nous a présenté l’histoire du couple « Église et jeunes ». Il a montré comment dans l’attitude des papes depuis le XIXe siècle l’image et la place des jeunes a évolué – quelque part en parallèle avec les changements sociétaux – jusqu’à devenir sous le pontificat de Jean-Paul II ce qu’il a appelé « une option préférentielle pour les jeunes ».

Regards bibliques

Deux apports ont également considérablement enrichi les réflexions du colloque du point de vue des Écritures. Le père Hernandez, en bon jésuite, nous a proposé une lecture originale du processus vocationnel à partir du tableau du Caravage La vocation de St Matthieu. Il a aussi commenté le récit de la création en Genèse puisque celle-ci est en effet un récit de discernement, de la mise en ordre du tohu-bohu originel. Il a défini la vocation comme une création et une résurrection en même temps qui se caractérisent par les étapes suivantes (selon la peinture du Caravage) : la lumière, l’intériorisation, le renouvellement intérieur, le moment de se décider. L’intervenant a évoqué aussi le besoin du discernement des esprits dans l’accompagnement vocationnel. Le dominicain suisse, le frère Philippe Lefebvre, nous a proposé un éventail de figures bibliques dont les histoires prouvent que le juste n’a pas d’âge et que la jeunesse consiste en une ouverture constante à l’action – parfois invraisemblable – de Dieu dans sa propre vie ou dans les événements. Il nous a invités à « vivre dans la jeunesse de la Vie ».

Nous vous tiendrons au courant de la parution des actes du colloque.

Documents officiels du Synode :
Document final du Synode (27 octobre 2018)
La lettre des Pères synodaux aux jeunes (28 octobre 2018)
Document de travail (Instrumentum laboris) (18 juin 2018)
Plus d’information : www.synod2018.va 

 

Catéchèse et scoutisme : et si on se rencontrait ?

Aujourd’hui, les Scouts et Guides du monde entier fêtent le thinking day, en ce jour anniversaire de la naissance de Lord Baden-Powell, fondateur du scoutisme, et de sa femme Olave, qui a été à la tête du guidisme mondial.

Dès les débuts du mouvement scout, un des piliers de la méthode était la quête de sens et le devoir envers Dieu. Chaque scout s’engageait (et s’engage encore) lors de sa promesse à respecter la Loi qui reflète les trois principes suivants : personnel, social, spirituel.

Dans son dernier message, Lord Baden-Powell parle de Dieu :

Chers éclaireurs,

Si par hasard, vous avez assisté à la représentation de Peter Pan, vous vous souviendrez que le chef des pirates était toujours en train de préparer son dernier discours, car il craignait fort que l’heure de sa mort venue, il n’eût plus le temps de le prononcer. C’est à peu près la situation dans laquelle je me trouve, et bien que je ne sois pas sur le point de mourir, je sais que cela m’arrivera un de ces prochains jours et je désire vous envoyer un mot d’adieu.

Rappelez-vous que c’est le dernier message que vous recevrez de moi ; aussi méditez-le.

J’ai eu une vie très heureuse et je voudrais qu’on puisse en dire autant de chacun de vous.

Je crois que Dieu nous a placés dans ce monde pour y être heureux et pour y jouir de la vie. Ce n’est ni la richesse, ni le succès, ni la satisfaction égoïste de nos appétits qui créent le bonheur. Vous y arriverez tout d’abord en faisant de vous, dès l’enfance,
des êtres sains et forts qui pourront plus tard se rendre utiles et jouir ainsi de la vie lorsqu’ils seront des hommes.

L’étude de la nature vous apprendra que Dieu a créé des choses belles et merveilleuses afin que vous en jouissiez.
Contentez-vous de ce que vous avez et faites-en le meilleur usage possible. Regardez le beau côté des choses plutôt que le côté sombre.

Mais le véritable chemin du bonheur est de donner celui-ci aux autres. Essayez de quitter la terre en la laissant un peu meilleure que vous ne l’avez trouvée et quand l’heure de la mort approchera, vous pourrez mourir heureux en pensant que vous n’avez pas perdu votre temps et que vous avez fait « de votre mieux ». Soyez toujours prêts à vivre heureux et à mourir heureux. Soyez toujours fidèles à votre Promesse scoute même quand vous aurez cessé d’être un enfant – et que Dieu vous aide à y parvenir !

Votre ami,

Robert Baden-Powell

Actuellement, vous avez peut-être dans vos groupes de catéchèse des enfants qui fréquentent les mouvements de jeunesse (Les Scouts, Les Guides, Les Scouts et Guides Pluralistes…). Et si on profitait de leur présence pour lancer une activité commune avec l’Unité scoute du quartier ? Une belle façon d’apprendre les uns des autres et de peut-être faire de vos enfants en catéchèse des disciples-missionnaires, qui auront donné envie aux enfants scouts de pousser les portes de l’église.

Si vous voulez vous lancer dans l’aventure, l’équipe de Woggle & Spirit, une initiative de la liaison des Pastorales des jeunes, sera ravie de vous soutenir dans votre projet. Vous pouvez les contacter ou aller sur leur site. Vous trouverez d’ailleurs des idées d’animations spirituelles qui pourraient vous être utiles dans vos rencontres de catéchèse.

Le Pape répond aux questions des premiers communiants

Voici un savoureux échange entre le pape Benoît XVI et des enfants ayant communié au cours de l’année 2005. De quoi trouver des pistes pour en parler avec les enfants de première communion.

Andrea : « Cher Pape, quel souvenir as-tu du jour de ta première Communion ? »

Je voudrais tout d’abord vous dire merci pour cette fête que vous m’offrez, pour votre présence et pour votre joie. Je vous remercie et je vous salue en réponse au baiser que plusieurs d’entre vous m’ont donné, un baiser qui, naturellement, vaut symboliquement pour vous tous. Quant à la question, je me souviens bien du jour de ma première Communion. C’était un beau dimanche de mars 1936, il y a donc 69 ans. C’était un jour ensoleillé, l’église était très belle, la musique aussi, il y avait beaucoup de belles choses dont je me rappelle. Nous étions une trentaine de garçons et de filles de notre petit village, qui ne comptait pas plus de 500 habitants. Mais au centre de mes beaux et joyeux souvenirs se trouve la pensée – et c’est également ce qu’a dit votre porte-parole – que j’ai compris que Jésus était entré dans mon coeur, m’avait rendu visite, précisément à moi. Et avec Jésus, Dieu lui-même est avec moi. Et cela est un don d’amour qui vaut réellement plus que tout ce qui peut être donné d’autre par la vie; et, ainsi, j’ai réellement été rempli d’une grande joie, car Jésus était venu à moi. Et j’ai compris que commençait alors une nouvelle étape de ma vie, j’avais 9 ans, et qu’il était à présent important de rester fidèle à cette rencontre, à cette Communion. J’ai promis au Seigneur, dans la mesure de mes possibilités:  « Je voudrais être toujours avec toi » et je l’ai prié:  « Mais toi, surtout, sois avec moi « . Et je suis allé ainsi de l’avant dans ma vie. Grâce à Dieu, le Seigneur m’a toujours pris par la main, il m’a guidé également dans les situations difficiles. Et ainsi, cette joie de la Première Communion était le début d’un chemin accompli ensemble. J’espère que, également pour vous tous, la Première Communion que vous avez reçue en cette Année de l’Eucharistie sera le début d’une amitié pour toute la vie avec Jésus. Le début d’un chemin ensemble, car en allant avec Jésus, on suit la bonne route et la vie devient bonne.

Livia : « Saint-Père, avant le jour de ma Première Communion, je me suis confessée. Je me suis ensuite confessée d’autres fois. Mais je voudrais te demander:  dois-je me confesser toutes les fois que je fais la Communion? Même lorsque j’ai fait les mêmes péchés? Car je me rends compte qu’il s’agit toujours des mêmes. »

Je dirais deux choses:  la première, naturellement, est que tu ne dois pas toujours te confesser avant la Communion, si tu n’a pas fait de péchés graves au point de devoir les confesser. Il n’est donc pas nécessaire de se confesser avant chaque Communion eucharistique. Voilà le premier point. Cela est seulement nécessaire dans le cas où tu as commis un péché réellement grave, où tu as profondément offensé Jésus, si bien que l’amitié est interrompue et que tu dois recommencer à nouveau. Ce n’est que dans ce cas, lorsqu’on est en état de « péché mortel », c’est-à-dire grave, qu’il est nécessaire de se confesser avant de faire la Communion. Voilà le premier point. Le deuxième:  même si, comme je l’ai dit, il n’est pas nécessaire de se confesser avant chaque Communion, il est utile de se confesser avec une certaine régularité. Il est vrai que nos péchés sont généralement toujours les mêmes, mais nous nettoyons bien nos maisons, nos chambres, au moins chaque semaine, même si la saleté est toujours la même. Pour vivre dans la propreté, pour recommencer; autrement, la saleté ne se voit peut-être pas, mais elle s’accumule. Un processus semblable est également vrai pour l’âme, pour moi-même, si je ne me confesse jamais, l’âme est négligée et, à la fin, je suis toujours content de moi et je ne comprends plus que je dois aussi faire des efforts pour devenir meilleur, que je dois aller de l’avant. Et ce nettoyage de l’âme, que Jésus nous donne dans le Sacrement de la Confession, nous aide à avoir une conscience plus nette, plus ouverte et, aussi, à mûrir spirituellement en tant que personne humaine. Il y a donc deux choses: se confesser n’est nécessaire qu’en cas d’un péché grave, mais il est très utile de se confesser régulièrement pour cultiver la propreté, la beauté de l’âme et mûrir peu à peu dans la vie.

Andrea : « Ma catéchiste, en me préparant au jour de ma Première Communion, m’a dit que Jésus est présent dans l’Eucharistie. Mais comment? Je ne le vois pas ! »

En effet, nous ne le voyons pas, mais il  y  a  tant  de  choses  que  nous ne voyons pas et qui existent et sont essentielles. Par exemple, nous ne voyons pas notre raison, toutefois, nous avons la raison. Nous ne voyons pas notre intelligence, et pourtant nous l’avons. En un mot, nous ne voyons pas notre âme et toutefois, elle existe et nous en voyons les effets, car nous pouvons parler, penser,  décider, etc. De même, nous ne voyons pas, par exemple, le courant électrique; toutefois, nous voyons qu’il existe, nous voyons que ce micro fonctionne, nous voyons les lumières. En un mot, ce sont précisément les choses les plus profondes, qui soutiennent réellement la vie et le monde, que nous ne voyons pas, mais nous pouvons en voir, en ressentir les effets. Nous ne voyons pas l’électricité, le courant, mais nous voyons la lumière. Et ainsi de suite. Nous ne voyons donc pas non plus le Seigneur ressuscité avec nos yeux, mais nous voyons que là où est Jésus, les hommes changent, deviennent meilleurs. Il se crée une plus grande capacité de paix, de réconciliation, etc. Nous ne voyons donc pas le Seigneur  lui-même,  mais  nous   en voyons les effets:  c’est ainsi que nous pouvons comprendre que Jésus est présent; comme je l’ai dit, les choses invisibles sont précisément les plus profondes et les plus importantes. Allons donc à la rencontre de ce Seigneur invisible, mais fort, qui nous aide à bien vivre.

Giulia : « Sainteté, tout le monde nous dit qu’il est important d’aller à la Messe le dimanche. Nous irions volontiers, mais souvent, nos parents ne nous accompagnent pas, parce que le dimanche, ils dorment; le père et la mère d’un de mes amis travaillent dans un magasin et, quant à nous, nous partons souvent pour aller voir nos grands-parents. Pouvez-vous leur dire quelque chose pour qu’ils comprennent qu’il est important d’aller ensemble à la Messe, chaque dimanche ? »

Je pense que oui, naturellement, avec un grand amour, avec un grand respect pour les parents qui, certainement, ont tant de choses à faire. Mais toutefois, avec le respect et l’amour d’une fille, on peut dire:  chère maman, cher papa, il serait important pour nous tous, pour toi aussi, que nous rencontrions Jésus. Cela nous enrichit, cela apporte un élément important dans notre vie. Ensemble trouvons un peu de temps, nous pouvons trouver une possibilité. Peut-être là où habite votre grand-mère peut-on trouver la possibilité. En un mot, je dirais, avec un grand amour et respect pour les parents:  Comprenez que cela n’est pas important seulement pour moi, ce n’est pas uniquement les catéchistes qui le disent, cela est important pour nous tous; et ce sera une lumière du dimanche pour toute notre famille.

Alessandro : « A quoi sert-il d’aller à Messe et de recevoir la communion pour la vie de tous les jours ? »

Cela sert à trouver le centre de la vie. Nous la vivons au milieu de tant de choses. Et les personnes qui ne vont pas à l’église ne savent pas que c’est précisément Jésus qui leur manque. Ils sentent cependant qu’il manque quelque chose dans leur vie. Si Dieu reste absent dans ma vie, si Jésus est absent de ma vie, il me manque un guide, il me manque une amitié essentielle, il me manque également une joie qui est importante pour la vie. La force aussi de grandir en tant qu’homme, de surmonter mes vices et de mûrir humainement. Nous ne voyons donc pas immédiatement l’effet d’être avec Jésus quand nous allons communier; on le voit avec le temps. De même, au cours des semaines, des années, on ressent toujours davantage l’absence de Dieu, l’absence de Jésus. C’est une lacune fondamentale et destructrice. Je pourrais à présent facilement parler des pays où l’athéisme a régné pendant des années; comment les âmes ont été détruites à cause de cela, de même que la terre. Ainsi, nous pouvons voir qu’il est important, je dirais même fondamental, de se nourrir de Jésus dans la communion. C’est Lui qui nous donne la lumière, qui nous offre un guide pour notre vie, un guide dont nous avons besoin.

Anna : « Cher  Pape, peux-tu nous expliquer ce que voulait dire Jésus quand il a dit aux gens qui le suivaient:  » Je suis le pain de la vie  » ? »

Nous devons peut-être avant tout expliquer ce qu’est le pain. Nous avons aujourd’hui une cuisine raffinée et riche d’aliments très divers, mais dans les situations plus simples, le pain est la base de la nourriture et si Jésus s’appelle le pain de la vie, le pain est, disons, le signe, une façon de résumer toute la nourriture. Et comme nous avons besoin de nous nourrir physiquement pour vivre, l’esprit, l’âme qui est en nous, la volonté ont aussi besoin de se nourrir. En tant que personnes humaines, nous n’avons pas seulement un corps, mais également une âme; nous sommes des personnes qui pensent avec une volonté, une intelligence, et  nous  devons  nourrir  également l’esprit, l’âme, afin qu’elle puisse mûrir, pour qu’elle puisse réellement atteindre sa plénitude. Donc, si Jésus dit je suis le pain de la vie, cela veut dire que Jésus lui-même est cette nourriture de notre âme, de l’homme intérieur dont nous avons besoin, parce que l’âme aussi doit se nourrir. Et les éléments techniques, même si ils sont très importants, ne suffisent pas. Nous avons précisément besoin de cette amitié de Dieu, qui nous aide à prendre les décisions justes. Nous avons besoin de mûrir humainement. En d’autres termes, Jésus nous nourrit afin que nous devenions réellement des personnes mûres et que notre vie devienne bonne.

Adriano : « Saint-Père, on nous a dit qu’aujourd’hui, aura lieu l’adoration eucharistique. Qu’est-ce que c’est ? En quoi cela consiste-t-il ? Peux-tu nous l’expliquer ? Merci. »

Nous verrons tout de suite ce qu’est l’adoration et comment elle se déroule, car tout est bien préparé:  nous prierons, nous chanterons, nous nous agenouillerons, nous nous  présenterons ainsi devant Jésus. Mais, naturellement, ta question exige une réponse plus approfondie:  pas seulement comment se déroule l’adoration, mais quel est son sens. Je dirais que l’adoration signifie reconnaître que Jésus est mon Seigneur, que Jésus me montre le chemin à prendre, me fait comprendre que je ne vis bien que si je connais la route qu’Il m’indique. Adorer, c’est donc dire: « Jésus, je suis tout à toi et je te suis dans ma vie, je ne voudrais jamais perdre cette amitié, cette communion avec toi « . Je pourrais également dire que l’adoration, dans son essence, est un baiser à Jésus, dans lequel je dis: « Je suis à toi et je prie afin que toi aussi, tu demeures toujours avec moi « .

Source : vatican.va